Solidaires Rencontre SOLIDAIRES et le Minsitre de la Fonction PublicHISTOIRE DE L'UNION SYNDICALE SOLIDAIRESL'Union syndicale Solidaires est née de la convergence de deux courants syndicaux. Celui de syndicats, qui en 1947 ont choisi l'autonomie plutôt que l'affiliation aux confédérations et le renoncement à l'indépendance vis-à-vis du monde politique. Celui initié en 1989 par des militants issus des coordinations, en conflit avec les appareils confédéraux, qui ont créé les syndicats SUD. La volonté commune de lutter contre le démantèlement des acquis sociaux et la désyndicalisation a accéléré la mise en commun des expériences et la construction d'un nouvel outil syndical de transformation sociale.L'Union syndicale Solidaires que nous connaissons aujourd'hui est la continuité historique de ce qu'on appelait le Groupe des 10 (ou G10). Le Groupe des 10 est né en décembre 1981 de l'appel d'un militant de la FGSOA (Fédération générale des salariés des organismes agricoles) invitant les syndicalistes autonomes à se rapprocher pour « faciliter le progrès social et la satisfaction des revendications des salariés suite à la victoire de la gauche en 1981 ». Lors de la première réunion, dix syndicats autonomes, existant en dehors des confédérations, vont constituer un pôle informel de rencontres, d'échanges et de débats. Ces syndicats issus majoritairement du public, sont nés du refus en 1947 de choisir entre la CGT et FO. Ils sont porteurs de cultures syndicales et politiques hétérogènes, bien implantés dans leur secteur professionnel, et sont assez marqués par une pratique d'indépendance et de revendications professionnelles.Le syndicat majoritaire à la Banque de France, le SNABF, rejoint le Groupe des 10 en 1983. Peu à peu, constat est fait de la difficulté à élargir le champ des analyses communes, de l'incapacité à développer une solidarité réelle lors des conflits comme les conflits SNCF et RATP de l'hiver 1986, des aiguilleurs du ciel et de la Banque de France en 1987.L'automne 1988 est chaud. La pratique des coordinations se multiplie, répondant pour partie à la division syndicale et à la baisse d'audience des organisations syndicales. Aux PTT, le gouvernement Rocard engage une grande réforme, première étape d'une privatisation. Des grèves dures vont éclater. La fédération CFDT- Ptt va casser les luttes et dénoncer à l'administration ses propres militants souvent à la pointe des conflits. Dans le secteur de la santé, la situation est tout aussi tendue entre la fédération CFDT Santé-Sociaux et les équipes militantes pour la plupart impliquées dans le mouvement des coordinations. Le processus de mise au pas et d'exclusion s'accélère dans la CFDT au congrès de Strasbourg en novembre 1988 où, E. Maire, le secrétaire général, fustige les « moutons noirs » qui « n'ont plus leur place à la CFDT ». En réponse, la décision est prise par les militants exclus de poursuivre l'engagement à travers la construction d'un nouvel outil syndical. Dans le secteur de la santé, cet outil s'appelle CRC-Santé-Sociaux (Coordonner - Rassembler - Construire) : le sigle CRC était déjà utilisé dans la CFDT ; il est repris pour souligner la continuité de l'outil syndical.Aux PTT, c'est le sigle SUD (Solidaires-Unitaires-Démocratiques) qui est adopté.Au début de 1989, les deux nouvelles organisations SUD-Ptt et CRC Santé-Sociaux, accusées de semer la division syndicale, sont marginales mais non isolées. Elles gardent d'ailleurs des liens avec leurs camarades de la CFDT d'autres secteurs professionnels qui n'ont pas été exclus. Des réseaux intersyndicaux comme celui constitué autour des revues « Résister » et « Collectif » ou de l'association RESSY (Recherche, Société, Syndicalisme) vont permettre la rencontre, l'échange, et la réflexion de chercheurs et syndicalistes: on y retrouve des CGT «critiques», des opposants à la ligne confédérale de la CFDT, des minoritaires de la FEN responsables de la future FSU et des membres du Groupe des 10. Ils vont se sentir très proches des nouvelles formes de lutte qui émergent à travers les associations.Le Groupe des 10 prend contact avec SUD-Ptt dès sa création en 1989. SUD-Ptt décide d'y entrer comme observateur. Le conflit au ministère des finances dans l'année 1989 où le SNUI (Syndicat national unifié des impôts, un des syndicats les plus importants du groupe des 10) est en première ligne, ainsi que la politique du gouvernement vont susciter une radicalisation du mouvement et une plus grande dynamique interprofessionnelle du G10. SUD-Ptt va y adhérer en 1992. Ces éléments confortent le Groupe des 10 à s'engager plus rapidement sur des problèmes de société comme le chômage, l'égalité hommes-femmes, l'antiracisme, les rapports Nord-Sud.En 1993, après le départ de la FAT, la FMC, et la FGSOA qui, avec la FEN vont constituer l'UNSA, le Groupe des 10 prend des dispositions organisationnelles nouvelles: publication d'un bulletin et mise en place d'un petit secrétariat national. La discussion s'ouvre sur la nécessité de mettre en place des règles de fonctionnement, pour aboutir à une création statutaire et juridique.A partir de 1993, les luttes reprennent: grèves dans la fonction publique, mouvements dans le secteur privé (Alsthom, le secteur automobile). Le chômage grandit et on assiste à l'émergence de mouvements associatifs de défense des droits fondamentaux: Droit au travail, Droit au logement, à la santé, à un revenu décent pour les chômeurs, Droit des femmes, Droit des sans-papiers. Le mouvement AC i (Agir ensemble contre le chômage) est lancé en 1993 par un regroupement d'associatifs et de syndicalistes (dont SUD-Ptt et le SNUI). En 1994, à l'appel d'AC ! cinq marches convergent vers Paris. Avec le DAL (Droit au logement), il y a des actions spectaculaires comme celle de l'occupa tion de la rue du Dragon; les « sans-logis » réclament la réquisition des logements vides...A l'automne 1995, le plan Juppé sur la Sécurité sociale provoque un mouvement dont l'ampleur souligne la remise en question du fonctionnement de la société: le rejet de toutes les politiques d'austérité, le souci de défendre le service public, le système de protection sociale, et l'espoir d'un réveil social contre le libéralisme et ses abus. La place prise par les syndicats du Groupe des 10 dans ce mouvement social, qui sera qualifié dans la presse, de « première grève contre la mondialisation libérale», confirme qu'il y a, à côté des confédérations, place pour un nouveau courant syndical. Les positions de soutien au gouvernement prises par la direction de la CFDT, pendant ce mouvement social, ont accéléré le départ de certains opposants internes. Cet ensemble de faits a suscité l'éclosion, dans différents secteurs d'activité, de nouveaux syndicats SUD. Si le débat sur la nécessité de construire une nouvelle confédération traverse ces syndicats, il ne s'agit pas de construire une «Confédération SUD-, mais au contraire de renforcer la construction du Groupe des 10, avec ses différentes réalités, pour peser sur une recomposition syndicale plus large.Fin janvier 1996, SUD Rail est constitué à la SNCF, puis apparaissent SUD Alsthom, SUD Métaux, SUD Chimie, SUD Culture, SUD Éducation, SUD Michelin, SUD VPC (Vente par correspondance)... Ces syndicats ou fédérations rejoignent le Groupe des 10, au plan national ou au plan local, en fonction de leur implantation.Une réflexion est engagée sur la nécessité de construire un outil syndical interprofessionnel de «type nouveau», différent du fonctionnement classique des confédérations. Des projets de statuts sont mis en rodage en 1996 pendant deux ans: basés sur le consensus, le refus de toute «superstructure», le respect des syndicats de base, ils donnent le même poids à chaque organisation nationale et permettent de dépasser le fonctionnement au rapport de force (minorité-majorité) qui fige trop souvent les positions.L'Union syndicale G10 est partie prenante des Marches européennes contre le chômage et les exclusions (Amsterdam 1997, Cologne 1999) de la Marche mondiale des femmes, des manifestations lors des sommets européens, lors des réunions du G8, de l'OMC ou du Forum social mondial. Elle a soutenu les initiatives et les actions lancées par la Confédération paysanne.Le souci de construire un rapport de force anti-capital iste, une orientation visant la transformation sociale ont renduincontournable à ses yeux la création de lieux de réflexion et d'éducation populaire: en 1998,l'Union syndicale a participé au lancement de la fondation Copernic et du mouvement ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et l'aide aux citoyens).Lors des vagues de licenciements du printemps 2001 (Lu-Danone, Marks et Spencer, AOM Air Liberté), l'Union syndicale soutient les intersyndicales des entreprises en lutte. Sur le plan interprofessionnel, le poids collectif encore insuffisant de Solidaires limite pourtant ses capacités d'action. La question de l'unité d'action s'impose davantage comme une préoccupation permanente. Ces problèmes se poseront avec plus de force encore, lors du conflit des retraites en 2003, ou de la réforme de la Sécu en 2004, où l'Union syndicale, isolée, ne parviendra pas à entraîner une dynamique de lutte suffisante.Les conflits sur les retraites de 2003 verront certaines fédérations accueillirent de nouvelles équipes issues de la CFDT (Rail, Santé-Sociaux, Météo).Mais le renforcement et l'élargissement de l'Union syndicale Solidaires sont toujours entravés par les règles établies en 1947 sur la représentativité syndicale dans le secteur privé et en 1996 dans le secteur public (loi Perben).
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